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Moncap (Pastef) : “Agriculture & mensonges d’état : intrants et projet agri-jeunes”


“Agriculture & mensonges d’état : intrants & projet agri-jeunes ; Problèmes de commercialisation des produits horticoles ; Flambée des prix des denrées de première nécessité“. Tels sont les points développés lors de la conférence de presse du Mouvement des Cadres Patriotes (MONCAP), face à la presse, ce jeudi 09 septembre, au siège du parti. Les camarades de Sonko ont, par la même occasion donné des solutions.
Voici le Texte in extenso :
Depuis quelques semaines, l’agriculteur sénégalais, le producteur sénégalais et plus généralement le consommateur sénégalais sont habités par une anxiété grandissante liée, pour les uns, au déficit décrié d’intrants agricoles qui présage de mauvaises récoltes et, pour les autres, à la flambée des prix des denrées de première nécessité. Devant cette situation chaotique, le gouvernement a décidé de s’engager résolument dans la politique du déni et du mensonge permanent pour ne proposer que de petites mesures inefficaces pour stopper la gangrène de l’insécurité alimentaire dans notre pays.
L’on se rappelle de la promesse de celui qui nous sert de président de la République, d’atteindre l’autosuffisance en riz en 2017 et de la grande affiche plantée au milieu de la VDN pendant l’élection présidentielle de 2019 avec comme message “Je vote Macky Sall parce qu’il a réalisé l’autosuffisance en riz.”
Quatre longues années après l’échéance, le prix du riz est hors de portée de la bourse du citoyen laissé à lui-même ou, tout au plus, abreuvé des mensonges sur fond de chiffres mirobolants en termes d’investissements dans des secteurs de plus en plus déstructurés par l’absence de vision cohérente visant à sortir notre pays de l’insécurité alimentaire continue.
Même la pandémie de la COVID 19, n’a pas suffi à ouvrir les yeux à nos gouvernants sur l’urgence de se doter de stratégies et mécanismes pour non seulement booster la production agricole, mais aussi permettre aux producteurs de vivre de leurs activités.
En effet, c’est dans ce contexte que le Président Macky SALL, concevant le pouvoir non pas comme un sacerdoce, mais comme une jouissance permanente, s’est tapé un avion flambant neuf à 60 milliards et un bateau de plaisance à près de 7 milliards.
1. Agriculture & mensonges d’Etat : cas des intrants et du projet Agri-jeunes
Pour le gouvernement, les difficultés observées dans le monde agricole peuvent se résoudre par une communication abusive sur fond de manipulation des chiffres et des statistiques agricoles. Le gouvernement se targue toujours de productions records, mais jamais de productions autosuffisantes. Il est donc aisé de comprendre pourquoi le taux de prévalence de l’insécurité alimentaire à modéré est de 40% en 2020 au Sénégal.
L’un des premiers freins observés est la manipulation des chiffres à tous les niveaux.
Comment comprendre et expliquer aux producteurs dans le monde rural, que malgré les 23,5 milliards annoncés pour l’achat d’engrais dans le budget 2020/2021, jusqu’à présent dans de nombreuses zones à une période cruciale de l’année ce produit ne soit toujours pas disponible ?
Comment expliquer la production record annoncée de 1,8 million de tonnes d’arachides en 2020, dans un contexte où l’Etat n’avait fourni presque aucun appui aux producteurs ?
Comment justifier les 15 milliards injectés pour les semences d’arachides, si on se rappelle tous la mauvaise qualité des rares semences qui ont été mises à la disposition des producteurs ?
Le scandale des 1100 tonnes de semences et d’engrais à la Guinée Bissau
Depuis l’avènement du Président Macky Sall, notre pays est englué dans un cycle endémique de déficit d’intrants agricoles pour les producteurs. Chaque année, le processus de distribution des intrants agricoles est caractérisé par la qualité douteuse des semences, les faibles quantités de semences et d’engrais inférieures aux besoins exprimés par les paysans et le retard dans leur livraison. En plus de ces manquements le régime ne se gêne pas pour mettre au centre de tout ce processus le clientélisme politique dans la mise à disposition des semences, engrais et matériels agricoles.
Le comble a été atteint cet hivernage quand les Sénégalais ont été informés par la presse d’un don de 1100 tonnes de semences et d’engrais du Sénégal à la Guinée-Bissau (300 tonnes de riz, 250 tonnes d’arachides, 250 tonnes de niébé, 150 tonnes d’engrais NPK et 150 tonnes d’urée) finalement revendus sur le marché sénégalais (en Casamance), au moment où les paysans souffrent d’un manque criant d’intrants agricoles.
Solution préconisée par le Moncap :
Obliger les ICS à approvisionner en priorité le marché local avant toute autorisation d’exportation de l’engrais produit au Sénégal.
L’implémentation du projet « Agri-Jeunes, TekkiNdawni », l’autre gros scandale
Au-delà des mensonges récurrents, le Gouvernement de Macky Sall a fait montre d’une incompétence et d’une incurie notoires dans l’implémentation du projet d’appui à l’insertion des jeunes ruraux agripreneurs (Agri-Jeunes, TekkiNdawni) d’un montant global de 54,105 milliards sur financement du FIDA et de la BAD sur une durée de 6 ans. En effet, ce projet devrait toucher 150 000 jeunes ruraux par la sensibilisation et l’orientation vers les dispositifs d’appui. Parmi eux, 45 000 dont 50% de femmes devraient être insérées ou renforcées dans une activité rémunératrice et durable dans les filières agro-sylvo-pastorale et halieutique.
A terme, 25 000 entreprises viables devraient être créées et/ou renforcées dans le secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique pour offrir 35 000 emplois décents, dont 50% au profit des jeunes femmes. Cependant, le constat est effarant presque deux (2) ans après le lancement en grande pompe de TekkiNdawni. La mission d’évaluation du principal bailleur le FIDA, du 12 uillet au 2 août 2021, a sorti un rapport explosif révélateur de l’incapacité du gouvernement à sortir le pays de l’ornière :
Le PTBA 1 (2020) a connu un taux de décaissement de 0,33%
Le PTBA 2 (2021) a connu un taux de décaissement de 7% à la date du 30 juin 2021
Le taux de décaissement global 22 mois après l’entrée en vigueur du projet : 4,038 % (le taux de référence pour ce genre de projet est de 32%)
A la date de la mission, soit à mi-parcours de l’exercice 2021, aucun jeune rural (0%) n’a été établi, ni même préparé pour une activité entrepreneuriale que ce soit sur le parcours de formation-insertion ou sur celui d’agripreneur.
Le Moncap demande à Moussa Baldé la publication du rapport cosigné par Benoit Thierry (Directeur Pays FIDA) et Pape Malick Ndao, Secrétaire général du Ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural à la date du 6 août 2021.
2. Problèmes de commercialisations des produits horticoles
C’est cette même logique de manipulation des populations et ce souci d’enrichir une bande d’affairistes qui expliquent les images insoutenables de producteurs d’oignons des Niayes obligés d’enterrer des fruits de mois de labeurs dans un pays pourtant contraint de recourir à l’importation pour combler le déficit du marché national.
En effet, la production d’oignons du Sénégal est passée de 400 000 Ten 2017 à 460 000 en 2018 pour chuter à 444 871 en 2019. Durant la même période, les superficies allouées à la production de l’oignon ont considérablement augmenté : elles ont plus que quadruplé, passant de 1 800 ha en 2005 à 7 895 ha en 2013 (FAOSTAT, 2016). Les besoins pour la consommation locale sont estimés en moyenne à 30 000 tonnes par mois pour les hypothèses les plus fortes. Ce qui signifie qu’une production locale annuelle de 360 000 à 400 000 tonnes permet de couvrir tous les besoins nationaux en y incorporant les taux de pertes si une bonne politique de conservation des produits était mise en place. Tout ceci montre le dynamisme de la filière, mais paradoxalement, le gouvernement continue toujours d’autoriser l’importation du produit au lieu de mettre en place des infrastructures permettant aux producteurs de conserver leur production et d’alimenter le marché national.
En lieu et place de toute la communication déployée par le ministre de l’Agriculture et du gouvernement l’Etat devrait plutôt concentrer ses efforts dans la mise en place de stratégies de conservation de la production locale d’une part et d’autre part de mécanismes de commercialisation adaptés pour redonner aux producteurs locaux laissés à eux-mêmes toute leur dignité.
Solutions préconisées par le Moncap :
Étendre la période de suspension de l’importation de l’oignon;
Installer suffisamment d’infrastructures pour assurer la conservation longue durée de la production de l’oignon et de la pomme de terre;
Mettre en place des mécanismes de financement adaptés à la production de l’oignon permettant une meilleure qualité.
3. Flambée des prix des denrées de première nécessité
Le Sénégal connaît depuis le début de cette année 2021 une flambée des prix des denrées de première nécessité qui expose la majorité des populations rurales et urbaines à un désarroi total. En effet, le sac de riz parfumé est passé de 15000F à 22000F. Le carton de l’huile de dosette est passé de 18000F à 23000F et celui du fût de 960 à 1200 F le litre. Le prix du sucre en poudre est passé de 575F à 700F le kilogramme. Le ciment est passé de 56000F à 69000F la tonne. Et pour le fer, les 100 kg sont passés de 42 000 F à 58000 F. Sans pour autant épuiser la liste, on peut rajouter la hausse de 10% de plus sur les factures d’électricité.
Pour le cas de l’huile, c’est une incongruité que d’entendre monsieur Oumar Diallo, Directeur du Commerce intérieur avouer que : « L’huile d’arachide se trouve plus chère que les autres qui se trouvent sur le marché. Et, à chaque fois que nous avons une cohabitation entre l’huile d’arachide. »
L’explication est simple : les turbines des usines de la Sonacos qui lui permettaient de produire et de vendre même le surplus d’électricité ne fonctionnent plus. Aujourd’hui, l’entreprise est alors obligée d’acheter de l’électricité auprès de la SENELEC ce qui renchérit le produit qui devient non compétitif face à l’huile importée.
Concernant le sucre, les Sénégalais comprendront difficilement qu’il soit plus cher au Sénégal qu’en Gambie alors que le Sénégal, contrairement à son voisin, dispose d’une usine de fabrication, la CSS, à qui on autorise aussi (une grosse aberration) d’importer du sucre. Au même moment, l’Etat octroie des quotas d’importation faibles aux commerçants les empêchant ainsi d’approvisionner correctement le marché national.
Voilà le résultat d’une absence de politique d’industrialisation permettant de transformer les produits comme l’arachide qu’on est ainsi obligé d’exporter en Chine ou en Turquie, ou de renforcer notre tissu industriel par la diversification des acteurs en cassant les situations de monopole, notamment dans le secteur du sucre.
Solutions préconisées par le MONCAP :
Vendre le bateau de plaisance et injecter les fonds dans la relance de la SONACOS ;
Augmenter la subvention accordée aux producteurs agricoles et en contrepartie opter pour la contractualisation comme moyen d’approvisionnement du marché local ;
Publier les décrets d’application de la loi N°2021-25 du 12 juin 2021 sur les prix et la protection du consommateur qui peut régler la hausse des prix actuels.
Senegal7

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